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Les Oiseaux en Couleurs

30 sept.
5 min de lecture

Un projet au plumage coloré !

Depuis près d’un an, une co-exposition couve dans nos ateliers avec Claire de Poterie Mirette.

Toutes les 2, nous nous sommes rencontrées sur un marché de Noël, il y a de ça 2 ans. Nous avions alors découvert chacune le travail de l’autre, avec beaucoup de plaisir. Les oiseaux et les recherches autour de la couleur sont des thèmes qui nous sont chers à chacune.

Pour colorer ses céramiques, Claire fabrique elle-même ses émaux à partir de cendres et d’ingrédients dont elle seule a le secret ! Elle obtient ainsi des teintes douces et naturelles. Puis elle grave sur ses poteries les noms des oiseaux : Merlette, Mésange, Bouvreuil pivoine…

Un jour, Poterie Mirette est revenue vers moi avec l’idée de partager une exposition à la Maison de Loire de Jargeau (45), une association de protection de la nature et de l’environnement qui a pour mission d’intervenir auprès de tous les publics pour faire découvrir les richesses du fleuve et sensibiliser à l’environnement ligérien.

On trouvait que nos univers créatifs s’accordaient bien, et on s’était dit qu’un jour, ce serait chouette de faire un projet ensemble.

C’est ainsi qu’est née l’idée de l’exposition Les Oiseaux en Couleurs.



Mon processus créatif

Il m’a fallu un peu de temps avant de faire mûrir l’idée… Les couleurs végétales ? Les oiseaux ? Vers quoi allais-je aller ?

J’ai commencé par parcourir cette liste et j'ai surligné les oiseaux qui portent une couleur dans leur nom : rougegorge, pic-vert, busard cendré…

J'ai trouvé ça amusant ! Et si j’en faisais un nuancier inspiré du plumage des oiseaux ?



Alors au mois d'avril, c'est partie, place à la recherche colorée et à la fabrication : je me lance dans la création de mes peintures et de mes pastels gras, entièrement à partir de pigments végétaux.

Je souhaite travailler avec 2 types d’outils : le pastel gras et la gouache. Pour chacune des couleurs, je dois donc mettre au point 2 recettes : une pour le pastel et une pour la peinture.

Mon nuancier est prêt, mes outils (18 peintures gouaches et 18 bâtons de cire) sont fabriqués, je m'envole vers là création !



Vers la peinture

Pour commencer à peindre les oiseaux en couleurs, ma première approche a été de les observer. Je suis allée me promener dans des Espaces Naturels Sensibles près de chez moi, comme l’étang du Louroux ou les Prairies du Roy. J’ai aussi complété ces observations grâce à des photographies et à des reportages, en faisant des pauses sur image pour prendre le temps de regarder les détails.



Par exemple, pour ce Héron cendré, j’ai d’abord réalisé une première version à la gouache, au format A3. Je suis partie de la couleur de mon nuancier "Héron cendré", puis je l’ai associée à des couleurs amies : ici, un orangé que j’ai baptisé "Rougegorge".

Puis mes bâtons de cire m’ont permis de poursuivre cette collection avec 15 dessins d’oiseaux au format A6.

S'en est suivi pour chaque oiseau tout un chemin créatif, observation, composition des couleurs entre elles, réalisation d'une peinture à la gouache, création d'une petite illustration au bâton de cire. Dans tous mes dessins réalisés pour cette exposition, les couleurs utilisées portent le nom de l’oiseau dont elles évoquent le plumage.



Sensibiliser avec sensibilité

Je ne suis pas ornithologue. Mais ça n'empêche qu'au fil du temps, j’ai appris à faire connaissance avec les oiseaux. Leur présence rythme mes journées : quand je les vois, ils m’indiquent parfois quel temps se prépare, quand je les entends, je sais si nous sommes à l'aube ou au crépuscule. Ils sont là, discrètement, comme un fil conducteur dans le paysage. Cette présence sensible me touche, et j’aurais du mal à imaginer la vie sans eux.

Pourtant, la situation des oiseaux est préoccupante. En 50 ans, les populations d’oiseaux s'éteint. Dans cet enregistrement, le Guardian reconstitue le chant des oiseaux au Royaume-Uni depuis 1976 à nos jours, à partir de données du British Trust for Ornithology. L’effondrement de leurs populations est l’un des signes les plus visibles de la crise de la biodiversité. Pourtant, peu à peu, nous nous habituons au silence.

C’est aussi pour cela que j’ai été particulièrement attristée par cet été caniculaire. J’avais imaginé poursuivre mon projet avec un petit jeu sur les réseaux : « Pour l’instant, je vous donne le nom de mes couleurs, mais par la suite, ce sera à vous de deviner, en stories, quel oiseau se cache derrière telle couleur… » 


Mais face à cette chaleur et à ce que j’observais autour de moi (tout le vivant en souffrance, des oiseaux le bec ouvert, cherchant désespérément une goutte d’eau…) une seule question semblait s’imposer à l’humain égoïste : faut-il acheter une climatisation ?

Alors que les arbres sont les meilleures climatiseurs qui soient, naturellement, gratuitement… Mais puisqu’ils ne génèrent aucun bénéfice financier, ils semblent moins intéressants dans cette logique.

Il suffirait pourtant de végétaliser les villes, de repenser nos espaces, de s’inspirer des livres comment Masanobu Fukuoka de La Révolution d’un seul brin de paille pour cultiver autrement, de repenser l'économie du don et de réciprocité en s'inspirant du monde naturel comme dans le livre de Robin Wall Kimmerer, L'arbre aux oiseaux

Bref, les solutions existent, à portée de main, à partée de plume, si l’on accepte de regarder le vivant autrement que comme une ressource à exploiter.

Face à tout cela, je n’avais plus vraiment le cœur ni à jouer, ni à peindre.



Changer d’air pour mieux regarder

Pour faire avancer cette série de peintures, j’ai ressenti le besoin de changer d’air et de prendre un peu de recul.

Fin août, je suis partie une petite semaine en retraite créative, dans une cabane écologique nichée au cœur d’un jardin, à seulement 10 km de l’océan.

J’ai pu les voir, les entendre, prendre le temps de les observer vraiment. Cela a alors donné plus de sens pour moi de peindre les oiseaux.

Les observer, les écouter, les peindre, en couleurs végétales, vous en parler, vous les montrer, c'est une façon pour moi de les soutenir.

À mon échelle, c’est aussi cela que je cherche à faire avec ce projet :

sensibiliser avec sensibilité.



Des infos sur l'exposition

Avec Claire de Poterie Mirette, nous allons réunir nos univers entre la céramique et la peinture du samedi 10 octobre au samedi 14 novembre 2026.


Claire a imaginé pour l’occasion une série de céramiques autour du thème des oiseaux : tasses, assiettes, broches et autres pièces en volume.


📍 Maison de Loire - Jargeau (45150) 📅 Du 10 octobre au 14 novembre 2026 🎟️ Entrée gratuite


Pour les personnes souhaitant découvrir l’exposition et venant de Loches, d’Indre-et-Loire ou du Loir-et-Cher, n’hésitez pas à me contacter par mail (aurore.livernet@gmail.com) afin que nous puissions éventuellement organiser un covoiturage.


PS : Comment commencer à faire connaissance avec nos amis à plumes ?

J’ai découvert une application qui est un peu le " Shazam" des oiseaux : Merlin Bird ID.

Elle permet d’identifier les oiseaux simplement grâce à leur chant. Pendant une pause pique-nique, par exemple, je l’active et, en quelques instants, je peux mettre un nom sur cet oiseau que j’entends régulièrement… sans même y avoir vraiment prêté attention jusque-là.

Et puis, petit à petit, il se passe quelque chose : à force d’écouter et d’identifier, on commence à reconnaître les chants soi-même. Aujourd’hui, pour certains oiseaux, je n’ai même plus besoin de l’application : je sais qui chante autour de moi.






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